Bestiaire poétique illustré

La présence des animaux semble avoir des bienfaits sur notre santé physique et mentale, ce qui n’est pas chose négligeable en ces temps difficiles où nous sommes plus que jamais coupés de la nature. Faute de pouvoir inviter des chiens et des chats en chair et en os, ou pourquoi pas des dragons, à votre domicile, nous avons décidé de vous faire découvrir leurs versions poétiques et picturales. Elles ne provoquent pas d’allergies, n’endommagent pas les meubles avec leurs griffes ou en crachant du feu, mais attirent gentiment votre attention sur leurs créateurs, des poètes et des illustrateurs hongrois de talent. 

Illustration : Jacqueline Molnár

Illustration : Jacqueline Molnár

Dans le livre du poète qui ne vit déjà plus,
près du poème écrit sur une femme,
qui déjà ne vit plus, comme une fleur de boue,
est demeurée l’empreinte de pas de mon chat :

il s’y glissait toujours, parce que
les fentes entre les pages l’intriguaient fortement,
il attendait qu’un jour en sorte la souris,
(ce chat aussi a disparu il y a longtemps),

et, de fait, aux tréfonds du tunnel
de papier, quelque chose constamment tangue :
nous remisons ceci, cela entre les pages,
pour mettre les hasards sous presse.

Krisztina Tóth, Sur la souris, traduit par Guillaume Métayer
(Trois poètes hongrois, Éditions du Murmure, 2009)
Illustration : Jacqueline Molnár
www.jacquelinemolnar.com